
Le mandat d’arrêt est un outil juridique utilisé dans le cadre de la procédure pénale pour contraindre une personne à comparaître ou pour la placer en détention. Sa délivrance, ses conditions d’exécution et ses conséquences sont encadrées par le code de procédure pénale (CPP). Cet article présente le mandat d’arrêt, ses implications et vos droits face à cet outil juridique.
Un mandat d’arrêt est un acte juridique émis par une autorité judiciaire dans le cadre d’une procédure pénale. Son objectif principal est de localiser et arrêter une personne se trouvant à l’étranger, afin de la présenter devant un juge pour répondre à des accusations ou exécuter une condamnation.
Ce mandat ne pourra être délivré que lorsqu’il est encouru des peines d’emprisonnement.
Concrètement, la diffusion du mandat d’arrêt sera faite par le biais du fichier des personnes recherchées.
Plusieurs autorités judiciaires peuvent délivrer un mandat d’arrêt, selon le stade de la procédure.
Selon l’article 122 du code de procédure pénale, le juge d’instruction peut délivrer un mandat d’arrêt si des indices graves ou concordants rendent vraisemblable la participation de la personne à une infraction. Ainsi, ce mandat peut être utilisé pour garantir la comparution de la personne ou pour permettre son placement en détention provisoire.
Il pourra également délivrer un mandat d’arrêt à l’encontre de toute personne ne respectant pas son contrôle judiciaire (article 141-2 du CPP).
Une juridiction de jugement peut aussi délivrer un mandat d’arrêt, notamment lorsque la personne condamnée est absente lors de la prononciation d’une peine d’emprisonnement. Le tribunal correctionnel ou la cour d’assises sont alors en mesure de décerner un mandat d’arrêt pour assurer l’exécution d’une peine (art. 410, 379-2 et 379-3 du CPP).
Le juge de l’application des peines peut aussi décerner mandat d’arrêt contre le condamné en fuite ou résidant à l’étranger, qui n’observe pas les obligations qui lui incombent (art. 712-17 du CPP).
Enfin, dans certains cas spécifiques, le juge des libertés et de la détention pourra également délivrer un mandat d’arrêt. Tel sera le cas par exemple, si une personne se soustrait à son contrôle judiciaire alors qu’elle est renvoyée devant la juridiction de jugement. Le procureur de la République peut alors saisir le JLD pour qu’un mandat d’arrêt soit décerné à son encontre (art. 141-2 al. 2 du CPP).
Le mandat d’arrêt est une mesure coercitive d’une grande portée. Sa délivrance est donc strictement encadrée et soumise à des conditions précises pour garantir une utilisation conforme aux principes du droit.
La jurisprudence rappelle que la mesure de contrainte doit être strictement limitée aux nécessités de la procédure et proportionnée à la gravité de l’infraction reprochée (Crim., 14 juin 2022, n° 21-86.635)
Lorsqu’une personne est interpellée dans le cadre d’un mandat d’arrêt, plusieurs étapes s’enchaînent.
Lors de l’exécution du mandat, les forces de l’ordre arrêtent la personne et l’informent :
Une copie du mandat doit lui être remise conformément à l’article 123 du code de procédure pénale.
La personne arrêtée doit être présentée dans un délai maximum de 24 heures au juge ayant délivré le mandat ou à défaut au président du tribunal (art. 133 du CPP). Si l’arrestation est réalisée à plus de 200 kilomètres du siège du juge d’instruction, la personne devra alors être présentée devant le JLD du lieu de l’arrestation (art. 133 du CPP). Ce délai est impératif. Tout dépassement de ce délai constitue une violation des droits de la défense.
Lors de sa présentation, la personne est :
Le magistrat peut alors décider de :
En cas de condamnation, l’exécution du mandat d’arrêt peut :
Lorsqu’une personne est retenue par les services de police ou de gendarmerie dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’arrêt, cette dernière disposera de plusieurs droits dans l’attente d’être présentée à un magistrat :
Enfin, il est important de préciser que la personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt ne peut pas être placée en garde à vue et interrogée sur les faits pour lesquels le mandat a été délivré. En effet, le juge est tenu d’entendre la personne comme « témoin assisté » sauf à la mettre en examen, ce qui, en pratique, sera fréquent (art. 122, al. 7 du CPP).
Le mandat d’arrêt est une mesure coercitive qui doit être utilisée dans le strict respect des garanties prévues par la loi. Si vous ou l’un de vos proches êtes concernés par un mandat d’arrêt, il est essentiel de réagir rapidement avec l’aide d’un avocat.
Un avocat spécialisé en droit pénal pourra en effet :
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